Recepte aus albanischen Küche

L’Albanie et le tourisme culturel

Mais la rencontre avec le passé se fait aussi au travers de la grande histoire: les sites archéologiques de Apollonie, Byllis, Buthrinte pour ne citer que les plus importants, racontent d’une époque, celle de la Grèce et de Rome, où le monde méditerranéen n’était qu’un seul.

On a parfois l’impression d’un pays tellement immergé dans le contemporain d’en avoir oublié son passé: lorsqu’on se promène à Durazzo, Vlora, Tirana, des temples de la modernité, on s’attend à chaque coin de rue ou mieux on espère à chaque coin de rue, nous habitants de la vielle Europe, de rencontrer des lieux de mémoire ayant le pouvoir de nous transporter dans l’histoire de ce pays que nous savons avoir la marque de la complexité, logique pour une terre au croisement entre Orient et Occident. On se sent alors, parfois nous, les touristes de l’histoire, un peu trahis : mais il suffit qu’on arrive au temps du déjeuner pour goûter l’histoire dans la tradition gastronomique du pays qui résume, à elle seule, la richesse de sa terre et la diversification de son histoire dans la fusion de saveurs turques, grecques et italiennes. La cuisine est une véritable surprise et chaque fois que j’accompagne un groupe mes clients en sont ravis…

Encore plus alors on a envie de le connaitre ce territoire, en dehors des grandes villes: on s’aperçoit avant tout de sa variété, bien qu’il s’agisse d’ un pays aux proportions réduites, s’exprimant dans la présence de contextes géologiques diversifiés, de paysages de montagnes rapidement remplacés par des coins de Méditerranée aux couleurs
écrasantes. Et dans ces paysages des fragments vivants du monde archaïque des campagnes qu’un grand écrivain italien Carlo Levi imaginait exister immuable depuis toujours et identique partout il y a avait  des champs, des élevages, des paysans…

C’est le chariot que l’on rencontre parcourir lentement le même chemin du Mercedes qui passe puissant…les troupeaux que parfois arrêtent les bus des touristes…c’est ce
qui est inscrit dans nos histoires de familles à nous tous et qu’on aime savoir conserver intacte quelque part.

Mais la rencontre avec le passé se fait aussi au travers de la grande histoire: les sites archéologiques de Apollonie, Byllis, Buthrinte, pour ne citer que les plus importants, racontent une époque, celle de la Grèce et de Rome, où le monde méditerranéen n’était qu’un seul. Mais ici les sites sont encore immergés dans un contexte naturel qui leur donne une puissance sans comparaison dans l’évocation des mondes disparus.

Et c’est bien ce paysage naturel, riche et varié, qui accueille et intègre, dans une rencontre perpétuelle, les étapes de l’histoire successive du pays, y compris les milliers de bunkers éparpillés rappelant des évènements encore trop récents pour devenir une étape de la narration historique que le pays donne de lui-même.

Les villes de Berat, Girokaster, le bazar de Kruja évoquent les siècles de domination ottomane au travers de leur architecture mais il ne s’agit pas de villes musées figées
dans le temps. Les maisons ottomanes aux milles fenêtres accueillent aujourd’hui la vie autant qu’avant et on se promène dans un
passé devenu présent.

Et surtout on est agréablement surpris de la cohabitation dans le passé et dans le pré- sent de la religion orthodoxe, catholique et islamique avec son courant bektashiste qui a laissé à Bérat de remarquables églises byzantines du XIV siècles et qui permet aujourd’hui dans les rues de Girokaster de s’asseoir pour l’apéritif en écoutant le muezzin.

La civilisation byzantine des icônes et sa vision de l’invisible est remarquablement témoignée par les musées des icônes de Berat, par celui de Korça et par les fresques du monastère de Ardenica, lieu de mémoire privilégié où se croise une autre histoire d’Albanie, celle du héros de la résistance Scanderberg. De ces rencontres, les terres de l’Albanie sont si riches, qu’un tel voyage devient une opportunité qu’il ne faut en aucun cas rater.