Le souvenir de Sarajevo
Jusqu’au début du siège d’une partie de la ville par les Serbes, en avril 1992, le nom de Sarajevo m’était familier pour l’attentat de 1914 contre l’héritier du trône de l’empire austro-hongrois, et pour les Jeux olympiques de 1984, lesquels d’ailleurs furent assez fastes pour les Suisses.
Mais les événements dramatiques de 1992 ont supplanté dans notre mémoire 1914 et 1984. Ce 6 avril 1992, personne ne pouvait prévoir que le déchaînement de violence allait durer plus de trois ans et demi ! Jusqu’aux accords de Dayton et à la partition de la Bosnie-Herzégovine entre une entité croato-bosniaque et une entité serbe.
Les promesses d'une Bosnie nouvelle, apaisée et pluri-ethnique, n’ont pas été tenues. Une fois encore, c’est la guerre, pourtant achevée, qui aura gagné ! Pouvait-il en aller autrement, après ce qui s’était passé ? Difficilement. Même si le temps finit souvent par faire son œuvre de réconciliation.
Vingt ans se sont écoulés depuis le début du conflit. Ce sera probablement le travail d’encore une génération de réunir ce qui a été divisé ; d’assembler ce qui a été défait ; de fédérer ce qui a été démantelé.
Trois acteurs peuvent accélérer ce processus : l’Europe, la démocratie et la diaspora. L’Europe, car, quoi qu’on en dise, elle a fait ses preuves en ce domaine. La démocratie, car l’on voit bien que, partout dans le monde, les peuples aspirent à la liberté et à la dignité. La diaspora, enfin, car elle mesure clairement les avantages à conjuguer Europe et démocratie.
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