La «majorité silencieuse» se fait entendre

A Berne a récemment vu le jour l’Union des imams albanophones de Suisse, qui compte une trentaine de membres de toutes les régions du pays. Comme les populations albanophones, turques et bosniaques composent l’écrasante majorité des personnes de confession musulmane en Suisse, l’émergence de cette organisation constitue un changement symbolique dans le paysage de l’islam helvétique.
En fait, cette initiative contribuera peut-être à mieux faire connaître la majorité silencieuse des musulmans de Suisse. Par «majorité silencieuse», il faut entendre des musulmans qui, indépendamment de leurs convictions, de leur pratique ou de leur engagement religieux, ne s’expriment pas ou que peu dans l’espace public.
La nouvelle Union permettra peut-être aussi de combler un vide important sur le plan de la représentation des musulmans de Suisse dans l’opinion publique. Jusqu’ici, la voix des communautés croyantes musulmanes a été articulée par des individus qui se profilent comme des porte-parole souvent autoproclamés, sans bénéficier d’une réelle assise démographique et d’une légitimité démocratique.
A entendre son président fraîchement élu, Rejhan Neziri, cette structure vise précisément à remédier à l’image actuelle de l’islam et des musulmans en Suisse par la promotion d’une voie médiane dans la lecture et l’interprétation des textes sacrés. A cette fin, l’Union s’assigne aussi pour objectif d’informer, avec patience, la population locale sur l’islam et les musulmans. C’est en tout cas la voie que semblent avoir choisie ces jeunes imams, sou- cieux de s’intégrer, afin de combattre les préjugés existants à l’encontre des musulmans dans le contexte présent. Ce sera sûrement un pas dans le sens d’un rapprochement entre les religions et les cultures en Suisse, comme d’un retour à la confiance réciproque.
L’intégration des musulmans dans leur pays d’accueil, l’ouverture et la transparence de ces communautés envers la population locale, le dialogue interreligieux ainsi que le respect de la diversité semblent être les maîtres mots de la nouvelle organisation. Celle-ci ambitionne même de prendre position sur des déclarations publiques qui pourraient inciter à l’extrémisme ou au fanatisme religieux, en particulier musulman.
Selon Rejhan Neziri, l’un des problèmes liés à l’image des musulmans en Suisse, et au-delà, réside dans «la confusion, que ce soit chez les musulmans ou les non-musulmans, entre la religion et les traditions culturelles, entre l’islam et les traditions diverses des populations qui sont de confession musulmane».
Force est de constater que la plu- ralité interne des musulmans issus de la migration n’apparaît pas toujours bien mise en relief dans l’opinion helvétique. On peut d’ailleurs se demander quel aurait été le résultat du vote sur les minarets si les citoyens avaient pu avoir une meilleure connaissance des musulmans de Suisse.
(24 Heures, 18-19 février 2012)
- - «Nicolas Blancho ne représente pas les musulmans modérés de Suisse!» (28.02.2012 - 09:40)
- - Des imams albanais s’unissent contre l’extrémisme (19.02.2012 - 11:29)
- - La Fédération des imams albanais de Suisse a vu le jour (01.02.2012 - 09:50)
- - Suisse: Télé islamique en langue albanaise aussi (23.01.2012 - 13:44)
- - Les croyants albanophones de Suisse, indifférents à la Conférence centrale islamique de Bienne (21.02.2011 - 01:17)
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Wiki
- Bosnie : Emir Kusturica décoré par le patriarche de l'Église orthodoxe de Serbie (Le Courrier de Balkans)
- Du répit pour le "boucher des Balkans" ( Le Huffington Post)
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- Islam en Bosnie : la fin de règne contestée du reis-ul-ulema Mustafa Cerić (Le Courrier de Balkans)































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