{"id":108810,"date":"2016-03-16T09:38:20","date_gmt":"2016-03-16T08:38:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/?p=108810"},"modified":"2016-03-16T18:49:41","modified_gmt":"2016-03-16T17:49:41","slug":"la-suisse-une-terre-dhospitalite-marquee-par-lesprit-douverture-et-le-sens-du-partage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/la-suisse-une-terre-dhospitalite-marquee-par-lesprit-douverture-et-le-sens-du-partage\/","title":{"rendered":"La Suisse, une terre d\u2019hospitalit\u00e9 marqu\u00e9e par l\u2019esprit d\u2019ouverture et le sens du partage"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019intellectuelle d\u2019origine albanaise \u00e9tait l\u2019h\u00f4te le dimanche 13 mars du cycle de six conf\u00e9rences sur l\u2019hospitalit\u00e9, organis\u00e9es par le collectif culturel \u201cAbbatiale vivante Bellelay\u201d, qui s\u2019est achev\u00e9 en l\u2019\u00e9glise catholique de Saignel\u00e9gier (JU).<\/p>\n<p>N\u00e9e \u00e0 Tirana en 1970, cette sp\u00e9cialiste des politiques sociales et formatrice en interculturalit\u00e9 s\u2019exprimait sur le th\u00e8me de l\u2019accueil en Suisse. Un \u00e9clairage historico-sociologique, avec une touche \u00e9motionnelle li\u00e9e au parcours de vie de l\u2019intervenante, a servi de canevas \u00e0 une rencontre qui a attir\u00e9 une trentaine de personnes dans les Franches-Montagnes.<\/p>\n<p><strong>\u201cNous, les Suisses, \u00e9tions des \u00e9migr\u00e9s\u201d<\/strong><\/p>\n<p>Arriv\u00e9e en Suisse en 1992 pour y suivre des \u00e9tudes, Albana Krasniqi Malaj en est convaincue \u00e0 lumi\u00e8re de son exp\u00e9rience d\u2019\u00e9trang\u00e8re naturalis\u00e9e et de son parcours professionnel: la Suisse est bien cette terre d\u2019hospitalit\u00e9 marqu\u00e9e par l\u2019esprit d\u2019ouverture et le sens du partage, par une int\u00e9gration r\u00e9ussie et sereine des populations \u00e9trang\u00e8res, notamment si l\u2019on consid\u00e8re certains pays limitrophes\u2026<\/p>\n<p>Albana Krasniqi Malaj a cit\u00e9 la journaliste vaudoise Chantal Tauxe pour illustrer son propos: \u201cNous, les Suisses, \u00e9tions des \u00e9migr\u00e9s. Nous sommes devenus une terre d\u2019immigration. C\u2019est une histoire formidable dont nous devons \u00eatre fiers\u201d.<\/p>\n<p><strong>Un tiers de la population est issu des mouvements migratoires<\/strong><\/p>\n<p>Dans la foul\u00e9e, la dipl\u00f4m\u00e9e en sciences de la traduction a mis en avant des chiffres r\u00e9v\u00e9lateurs: \u201cCes 50 derni\u00e8res ann\u00e9es, six millions de migrants sont entr\u00e9s en Suisse avec un permis valable, m\u00eame si, par les effets de rotation et le jeu des d\u00e9parts, tous ne sont \u00e9videmment pas rest\u00e9s chez nous. Et l\u2019immigration a permis au pays de conna\u00eetre entre 1990 et 2000 l\u2019une des plus fortes croissances d\u00e9mographiques du monde, ph\u00e9nom\u00e8ne qui a contrebalanc\u00e9 le vieillissement chez les Suisses de souche\u201d. Encore plus significatif, la Genevoise d\u2019adoption a soulign\u00e9 qu\u2019un tiers de la population r\u00e9sidente du pays \u00e9tait issu des mouvements migratoires.<\/p>\n<p>Mais si elle sait tendre la main aux personnes en d\u00e9tresse, aux n\u00e9cessiteux, la soci\u00e9t\u00e9 helv\u00e9tique est travers\u00e9e de paradoxes.<\/p>\n<p>\u201cLes Suisses sont certes accueillants, aimables et fid\u00e8les en amiti\u00e9, mais pour gagner leur confiance, le chemin peut se r\u00e9v\u00e9ler long, tr\u00e8s long, surtout pour des migrants. Les Suisses ont des attentes vis-\u00e0-vis des \u00e9trangers, tout comme ces derniers \u00e0 l\u2019\u00e9gard des autochtones d\u2019ailleurs. Et il faut souvent beaucoup de temps pour que les deux fronts trouvent un terrain de rencontre et d\u2019entente\u201d.<\/p>\n<p><strong>La qu\u00eate du bouc \u00e9missaire l\u00e9zarde l\u2019\u00e9difice de l\u2019hospitalit\u00e9 helv\u00e9tique<\/strong><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du poids des mentalit\u00e9s collectives, une seconde br\u00e8che l\u00e9zarde l\u2019\u00e9difice de l\u2019hospitalit\u00e9 suisse: la crainte de l\u2019autre, la diabolisation de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, la qu\u00eate du bouc \u00e9missaire. \u201cD\u2019un c\u00f4t\u00e9 on a le respect d\u2019autrui, les libert\u00e9s politiques qui font du peuple helv\u00e9tique l\u2019arbitre absolu, l\u2019attrait d\u2019une nation riche, de l\u2019autre l\u2019\u00e9mergence de peurs qui reviennent r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 la surface et que l\u2019on est incapable d\u2019apprivoiser. Ces peurs qui portent \u00e0 interdire les minarets ou \u00e0 vouloir bannir le foulard islamique, par exemple\u201d.<\/p>\n<p>Or, ces attitudes de rejet frappent des populations d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9es sur le plan psychologique, \u201ctant l\u2019exil, qu\u2019il soit motiv\u00e9 par des raisons politiques ou \u00e9conomiques, est un d\u00e9chirure. On laisse derri\u00e8re soi son pays, sa famille, ses coutumes, ses rep\u00e8res. Dans certains cas, cette cassure d\u00e9bouche sur un traumatisme qui met du temps \u00e0 gu\u00e9rir\u201d.<\/p>\n<p>Les racines de cette m\u00e9fiance, voire de cette x\u00e9nophobie, Albana Krasniqi Malaj les voit dans l\u2019entre-deux-guerres. \u201cEn 1914, on comptait 600\u2019000 \u00e9trangers dans notre pays. Ils n\u2019\u00e9taient plus que 220\u2019000 en 1941. La crise financi\u00e8re, qui culmine en 1929, l\u2019influence des id\u00e9ologies nationalistes, les cicatrices de la guerre cr\u00e9ent un climat peu propice aux migrants\u201d. La loi f\u00e9d\u00e9rale sur le s\u00e9jour et l\u2019\u00e9tablissement des \u00e9trangers, qui entre en vigueur le 1er janvier 1934, ent\u00e9rine cette situation.<\/p>\n<p><strong>Pouss\u00e9e x\u00e9nophobe: les \u201cinitiatives Schwarzenbach\u201d<\/strong><\/p>\n<p>Au cours des ann\u00e9es 1950, dans le sillage de l\u2019expansion \u00e9conomique de l\u2019apr\u00e8s-guerre qui voit une arriv\u00e9e massive de travailleurs italiens, une variante de ce rejet s\u2019exprime dans la notion de surpopulation \u00e9trang\u00e8re. Le migrant est per\u00e7u comme une menace dans le monde du travail et pour l\u2019identit\u00e9 culturelle.<\/p>\n<p>En 1970 et 1974, les \u201cinitiatives Schwarzenbach\u201d, qui exigeaient un plafonnement des \u00e9trangers \u00e0 10% de la population suisse, auront constitu\u00e9 le chapitre politique le plus dramatique de cette pouss\u00e9e x\u00e9nophobe. \u201cHeureusement, le peuple suisse a rejet\u00e9 ces textes, une victoire que je qualifierais d\u2019historique pour tous ceux qui se soucient d\u2019int\u00e9gration\u201d, a confi\u00e9 Albana Krasniqi Malaj, confirmant le vent d\u2019optimisme qu\u2019elle a voulu faire souffler sur sa conf\u00e9rence. (cath.ch-apic\/eda\/be)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Suisse est une terre d\u2019hospitalit\u00e9 marqu\u00e9e par l\u2019esprit d\u2019ouverture et le sens du partage, estime Albana Krasniqi Malaj, directrice de l\u2019Universit\u00e9 populaire albanaise de Gen\u00e8ve et membre de la Commission f\u00e9d\u00e9rale des migrations \u00e0 Berne. Mais elle d\u00e9plore \u00e9galement \u201cla qu\u00eate du bouc \u00e9missaire\u201d qui l\u00e9zarde l\u2019\u00e9difice de l\u2019hospitalit\u00e9 helv\u00e9tique.<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":108816,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1164,1163],"tags":[],"vendi":[],"content_country":[],"class_list":["post-108810","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-integration-fr","category-fr-e-diaspora"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/108810","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=108810"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/108810\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/108816"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=108810"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=108810"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=108810"},{"taxonomy":"vendi","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/vendi?post=108810"},{"taxonomy":"content_country","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.albinfo.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/content_country?post=108810"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}