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Réaction : à Thônex, en Suisse, une affaire qui alerte sur la discrimination ; « le silence n’est plus une option »

L’affaire dénoncée au sein de la commune de Thônex, rapportée par Blick, a suscité de vives réactions parmi les représentants politiques d’origine albanaise à Genève. Les allégations de racisme et de discrimination à l’encontre d’un employé d’origine albanaise ont remis au premier plan un débat plus large sur le traitement des communautés issues de la migration au sein de l’administration publique.

Dorina Xhixho

Dorina Xhixho, politologue et ancienne diplomate, a qualifié cette affaire de préoccupante et a salué le courage de l’employé qui a choisi de s’exprimer publiquement.

« Je salue sincèrement le courage de cette personne, qui ose dénoncer la stigmatisation et la discrimination. Cela n’est jamais facile, mais la parole doit être libérée », a déclaré Mme Xhixho.

 

Elle souligne que de tels cas de violence raciale deviennent d’autant plus problématiques lorsqu’ils se produisent au sein même des institutions publiques, lesquelles devraient être les garantes de la protection contre les discriminations.

« L’État a un devoir d’exemplarité. Il doit garantir l’égalité de traitement et la dignité sur le lieu de travail », a-t-elle affirmé, ajoutant que l’administration publique genevoise demeure encore difficilement accessible aux personnes issues de la migration.

 

Selon elle, les discriminations visant les Albanais demeurent souvent invisibles ou sont minimisées.

« Les Albanais aussi sont exposés à la discrimination et à la violence raciale. Cette réalité existe et, très souvent, elle est minimisée », a souligné Mme Xhixho, évoquant également le phénomène croissant de « l’albanophobie ».

Arbër Jahija,

Dans le même esprit, le député au Parlement du canton de Genève, Arbër Jahija, a lui aussi réagi en qualifiant cette affaire de scandaleuse.

« C’est un scandale ! Je suis profondément bouleversé par cette situation inacceptable », a-t-il déclaré.

Jahija a appelé à une réaction immédiate et vigoureuse de la part de la société civile et des institutions.

« Comment un tel racisme anti-albanais peut-il encore être toléré ?! C’est une honte qui nous concerne tous ! », a-t-il ajouté, en soulignant qu’« il est temps que ces comportements cessent ».

L’affaire de Thônex survient à un moment où des représentants de la communauté albanaise alertent sur une dégradation du climat à leur égard dans certaines zones de Genève. Ils demandent davantage de transparence, une enquête institutionnelle approfondie ainsi que des mesures concrètes contre la discrimination.

Entre-temps, les autorités de la commune en question ont déclaré que l’affaire avait été traitée et que les mesures nécessaires avaient été prises, sans fournir d’autres précisions. Cette évolution devrait susciter de nouveaux débats sur le rôle des institutions publiques dans la garantie d’un environnement de travail sûr pour les minorités culturelles et les personnes issues de la migration, ainsi que d’un traitement égalitaire et exempt de toute discrimination pour tous.