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Ajrina, 22 ans seulement, et déjà un vraie carrière derrière soi !

Fille d’immigrés albanais de Macédoine, Ajrina Redzepi est à la tête du marketing de la marque historique des montres suisses, Marvin. Rencontre avec une jeune femme passionnée par son métier, mais qui reste aussi très attachée à sa région d’origine. Elle n’oublie pas non plus ses racines, car elle souhaite voir sa marque revenir dans la région des Balkans, en ouvrant la premère boutique Marvin à Tirana, et aussi dans d’autres villes des pays environnants.

Née à Neuchâtel et habitant au Landeron, Ajrina est issue d’une famille de parents instruits,  originaires de Skopje, la capitale de Macédoine, et qui ont décidé de quitter leur pays pour émigrer en Suisse en 1989, afin d’améliorer leur condition socio-économique. Ainée de deux autres sœurs et d’un frère, Ajrina a atteint un parcours socio-professionnel exemplaire, à 22 ans seulement.

 

Albinfo.ch : Quel est votre parcours scolaire et professionnel en Suisse?

 

En ce qui concerne le parcours scolaire, je suis diplômée d’un CFC et maturité commerciale, j’ai suivi les cours de Généraliste en Marketing & Communication d’Entreprise à Neuchâtel ainsi que de Spécialiste en Evénementiel & Sponsoring à Lausanne. J’ai également fait des études de la langue allemande en Allemagne.

 

Quant à mon parcours profesionnel, j’ai travaillé durant presque sept ans dans une entreprise qui est specialisée dans l’industrie des machines CNC au Landeron à Neuchâtel où j’ai fais trois ans d’apprentissage et quatre ans en tant qu’assistante Ventes & Marketing. C’est grâce à cet entreprise que j’ai pu acquérir toutes mes connaissances en marketing et événementiel. Mais, après toutes ces années, j’ai senti qu’il était pour moi temps de voir un autre domaine et celui de l’horlogerie m’intéressait particulièrement. J’ai donc été engagé depuis Septembre 2017 chez La Compagnie des Montres Marvin SA à Nidau, Berne. Depuis, j’exerce la fonction de Marketing Manager.

 

Albinfo.ch : C’est une très belle performance professionnelle pour une jeune femme d’être à la tête du marketing d’une marque historique suisse. Quel est le secret de cette belle carrière en perspective ?

 

Le secret c’est la motivation. Il ne faut jamais baisser les bras même dans les moments les plus difficiles. Un jour tout se paye si on a l’ambition. Depuis mon jeune âge, je suis quelqu’un qui aime étudier et qui a la soif d’apprendre. Je ne m’arrête jamais de travailler et d’apprendre. J’ai également été élevée dans une famille où le respect et l’éducation scolaire et privée sont une clé importante.

 

Albinfo.ch : En tant que fille d’immigrés, le chemin a dû être semé d’embûches. Comment avec-vous fait pour y parvenir ?

 

Même en étant née en Suisse, je ne parlais pas français à l’école maternelle et ce jusqu’à la première année de primaire. J’ai subi pas mal d’insultes et de moqueries qui m’ont marqué. C’est ce qui m’a permis d’avancer et de prouver que même en étant une fille d’immigrés et d’origine albanaise, on pouvait y arriver. Toute ma réussite, je la dois à mes parents, qui ont toujours su m’encourager avec leurs moyens de bord.

Albinfo.ch : Marvin est une montre historique. Plusieurs personnages historiques dans le monde l’ont porté. Qu’a-t-elle de particulier ?

 

La marque Marvin a une histoire incroyable depuis 1850. C’est une entreprise qui a été créée par deux grands hommes de l’horlogerie à La Chaux-de-Fonds, Marc et Emmanuel Didisheim. Depuis ce temps là, ils insufflent les valeurs de la marque qui restent les mêmes encore aujourd’hui; des montres de grandes qualités à des prix concurrentielles.

 

Nous aimerions que chaque personne issue de classe sociale différente puisse porter une montre suisse de qualité sur son poignet. C’est notre valeur depuis 168 ans.

 

Les montres Marvin ont été portées par des grandes icônes du monde. Comme Marilyn Monroe ou Che Guevara. Ce dernier a même été tué portant sa montre Marvin au poignet.

 

Petite anecdote, à l’époque de la Yugouslavie, Marvin était une des seules marques de montres étrangères autorisée à être importée .

 

 

Albinfo.ch : La marque Marvin on la voit plus tellement. Que comptez-vous faire pour faire la faire ré émerger en Suisse et ailleurs dans le monde.

 

La marque a fait malheureusement faillite en 2014 et a été sauvé et racheté par une grande famille chinoise qui elle garde toujours cet esprit de valeurs d’horlogerie suisse. Depuis la faillite, nous avons perdu pas mal de clients et surtout de distributeurs à travers le monde, alors qu’on était présents avec des boutiques dans plus de quanrante pays. La confiance a été un peu ébranlée.

 

La stratégie actuelle et de se concentrer sur les réseaux sociaux Instagram et Facebook et surtout dans le e-commerce. C’est la tendance pour 2018 et la communication digitale est primordiale de nos jours.

 

Nous avons aussi renoué le contact avec nos anciens et de nouvelles portes se sont ouvertes pour Marvin. Nous sommes actuellement sur le point de signer de nouveaux contrats avec des distributeurs au Moyen-Orient, en Europe ainsi qu’aux Etats-Unis.

 

Albinfo.ch : Vous devrez voyager beaucoup?

 

Oui, j’ai pleins de voyages prévus. C’est vraiment une chance pour moi de pouvoir visiter pleins d’endroits et surtout d’apprendre les différentes cultures présentes dans chaque pays.

 

Albinfo.ch : Et la région de votre provenance, y avez-vous songé de promouvoir votre marque? Dans l’affirmative, par quelle ville vous souhaitez commencer ?

 

Oui, bien sûr ! C’est le premier pays que je voulais regagner depuis le premier jour que j’ai commencé chez Marvin. Je souhaite mettre la marque à Tirana en premier, et ensuite à Skopje et Prishtina. Je suis déjà en discussion et j’espère vraiment voir les montres sur les vitrines de ces capitales jusqu’à la fin de l’année 2018.