Interview

« Vos voix comptent à Lausanne »

Dans le cadre de la campagne lausanne.vote au sujet des élections du 7 mars 2021 lancée par la Ville de Lausanne, Albinfo.ch a réalisé un entretien avec le syndic de la capitale vaudoise, Grégoire Junod.

Lausanne compte une forte population d’origine albanaise. C’est aussi est une ville proche des villes albanaises comme Tirana, Ferizaj ou Prishtina, à travers les liens que les décideurs lausannois ont su nouer. En 2019, le monde albanophone était l’hôte de l’édition Lausanne Méditerranée. Entretien  avec le patron de l’exécutif lausannois, que l’on nomme syndic dans le pays de Vaud, Grégoire Junod.

Allbinfo.ch : Lausanne est une ville ouverte à la diversité. Comment vous voyez la question de la participation politique des étrangers jouissant du droit de vote. Autrement dit, ces personnes votent peu, en tout cas en comparaison avec les lausannois suisses. Pourquoi ?

Grégoire Junod : Le système politique suisse n’est pas des plus simples, il faut se mettre dedans. Le vocabulaire utilisé dans les documents de vote est bien souvent trop complexe. Et puis, de trop nombreuses personnes ne savent même pas qu’elles ont le droit de vote. Il faut absolument atteindre les Lausannoises et Lausannois d’origine étrangère, leur permettre de comprendre les enjeux facilement, ainsi que de se sentir inclus.es notamment à travers cette possibilité de participer aux décisions de la collectivité. Nous ne pourrons répondre aux besoins de l’ensemble des Lausannoises et Lausannois qu’avec la participation de toutes et tous.

La campagne lausanne.vote vise précisément à mobiliser les personnes migrantes d’utiliser davantage ce droit de vote. Quelles sont les particularités de cette campagne ? Pensez-vous qu’elle mobilisera davantage cette partie de l’électorat ?

GJ : C’est en tous cas l’objectif. Il s’agit d’encourager l’ensemble de la population à participer à cet important rendez-vous que représentent les élections communales du 7 et du 28 mars prochains. La campagne se veut accessible, dynamique et inclusive, à l’image du cadre de vie que la Ville de Lausanne ambitionne d’offrir à ses citoyennes et citoyens.

Avec le contexte de pandémie, y a-t ’il un risque de davantage de marginalisation socio-politique des personnes migrantes, précarisées par les conséquences de la pandémie. Si oui, quelle est la politique de la Ville de Lausanne pour les inclure davantage dans le processus.

GJ : Oui, il y a un risque de marginalisation, y compris des personnes migrantes plus nombreuses dans les catégories modestes et vulnérables.  Nous devons y être très attentifs et agir. Cette campagne comme les mesures prises par la Ville de Lausanne pour soutenir les personnes vulnérables et les secteurs économiques en difficulté vont dans ce sens.

Un membre du conseil communal actuel, M. Kamenica, est de nouveau candidat. Avez-vous des informations si d’autres candidatEs issuEs de cette importante communauté figurent sur les listes des formations politiques.

GJ : Musa Kamenica est devenu en 2016 le premier conseiller communal albanais à siéger à Lausanne. C’est un signal fort pour les Lausannoises et Lausannois d’origine albanaise, un exemple d’intégration qui je l’espère va ouvrir la voie dans tous les partis politiques et permettre une meilleure représentation de la population dans toute sa diversité au sein du corps délibérant.

La communauté d’origine albanaise est importante dans votre ville. Vous avez noué des liens proches avec cette population lausannoise, mais aussi avec des villes du Kosovo et la capitale albanaise Tirana. Quel messages adressez-vous à cette population à Lausanne pour qu’elle fasse usage de ce droit de vote à Lausanne ?

GJ : C’est grâce aux Lausannoises et Lausannois d’origine albanaise que la Ville de Lausanne a pu tisser les liens importants que vous évoquez, ici comme là-bas. Les membres des associations liéés à cette communauté sont très actifs et font un travail remarquable. Cette communauté nous a permis de connaître bien mieux le monde albanophone, ses richesses, sa culture passionnante. Cette ouverture et ces nombreux échanges doivent avoir un écho dans les décisions prises collectivement. Leur voix doivent être entendues ; leur voix comptent !

Sevdail Tahiri

 


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