Foto: Durim Ilazi
Intégration
Associations communautaires : quel est leur véritable rôle ?
A Lausanne, ce samedi eut lieu une discussion sur le rôle des associations communautaires dans le processus d’intégration. Le débat, organisé par l’association SHIKO, a permis de traiter plusieurs questions touchant différentes communautés étrangères en Suisse, en présence dans le panel d’Antonio Da Cunha, Président de la Fédération des Associations Portugaise de Suisse, Tidiane Diouwara, directeur de CIPINA et Driton Kajtazi, directeur de l’ISEAL.
Le travail des associations
« Si je suis un immigré africain qui vient d’arriver en Suisse, qu’est-ce que je fais ? ». C’est avec cette question que la modératrice, Emirjeta Tashi, engage la discussion pour entrer dans le vif du sujet. T. Diouwara explique le rôle de son association dans ce cas-là : à CIPINA (Centre d’Information et de Promotion de l’Image d’une Nouvelle Afrique) on accueille d’abord les gens, on leur demande leur parcours, on pose les bases et on le oriente ensuite. CIPINA est aussi un réseau et on trouve alors des membres pour accueillir ces personnes.
Quant à M. Da Cunha, il explique que lorsque les immigrés font appel à son association, ils sont en situation de détresse, à la rue le plus souvent. En fait, avec le temps, la solidarité des proches s’effile. C’est pour cette raison que le président de la Fédération des Associations Portugaise de Suisse privilégie la réorientation des immigrés vers les institutions qui peuvent les prendre en charge. Sa propre expérience lui à prouver que l’accueil du migrant au sein du foyer crée une dépendance qui finalement va à l’encontre du but recherché, c’est-à-dire à rendre la personne autonome.
Quant à l’ISEAL, selon D. Kajtazi, son travail s’oriente surtout sur la diffusion des informations nécessaires, en particulier l’aide pour la reconnaissance des diplômes et les possibilités de faire des études en Suisse. Quant aux personnes qui viennent pour travailler, elles passent par d’autres réseaux, car les Kosovars n’ont actuellement pas de visa et la situation est toute à fait différentes des demandes d’asiles des années 90.
Le monde du travail
Le but étant de rendre la personne autonome, et dans ce sens le travail joue un rôle important, voire essentiel. La difficulté de s’insérer dans le marché du travail n’est pas la même. L’africain comme le kosovar doivent avant tout régulariser leur situations avant d’avoir un travail en bonne et due forme. Mais pour l’intégration, il faut encore bien comprendre les différences culturelles avec le pays d’accueil lorsque les premières interactions arrivent. Une tape ou une boutade ne déclenche pas la même réaction chez le suisse ou le portugais, explique M. Da Cunha.
Il est à relever qu’avec la création légitime des associations communautaire et du soutien naturel que les membres apportent à leur compatriotes, à long terme, cette situation crée un certain regroupement communautaire par métier et bloque les migrants dans leurs communautés respectives. Ceci a pour résultat l’émergence de corps de métiers homogènes au niveau de la provenance, ce qui naturellement rendra plus complexe l’intégration des personnes.
Cependant, dû aux situations d’urgences nombreuses, les associations n’ont pas encore approfondi ce sujet qui demande une collaboration plus poussé entre les différentes acteurs associatifs, et surtout un appui de l’État en terme de moyens, mais aussi de compétences.
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