Thématique

« Au point de basculement – faire face aux risques nucléaires & revenir sur la voie du désarmement»

Toute utilisation d'armes nucléaires briserait le tabou nucléaire existant depuis 75 ans et risquerait de provoquer une nouvelle escalade. Nous savons que toute utilisation d'armes nucléaires aurait des conséquences humanitaires catastrophique

Discours prononcé par le président de la Confédération et chef du Département fédéral des affaires étrangères DFAE, Ignazio Cassis – à l’occasion de la Conférence des Parties chargées d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 2022 à New York – Seules les paroles prononcées font foi.

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs,

Il y a 60 ans, lors de la crise des missiles de Cuba, le monde a contemplé l’abîme. Les menaces nucléaires inacceptables proférées par la Russie dans le cadre de son agression militaire contre l’Ukraine, nous rappellent une fois de plus l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes.

Toute utilisation d’armes nucléaires briserait le tabou nucléaire existant depuis 75 ans et risquerait de provoquer une nouvelle escalade. Nous savons que toute utilisation d’armes nucléaires aurait des conséquences humanitaires catastrophiques. Cette conférence devrait renforcer la norme contre l’utilisation des armes nucléaires.

1.    Revenir sur la voie de la maîtrise des armements et du désarmement

Les risques nucléaires sont plus élevés que jamais depuis la fin de la guerre froide. Nous devons mettre d’accord sur un ensemble de mesures visant à réduire ces risques. Cette conférence doit fixer le cap d’un changement urgent et nécessaire : réduire le rôle des armes nucléaires, réduire la probabilité d’un accident nucléaire ou d’un emploi résultant d’un malentendu. Les paroles doivent être complétées par des faits pour éviter des catastrophes humanitaires et environnementales.

La Suisse, avec ses partenaires de l’Initiative de Stockholm, a présenté un document de travail comprenant un ensemble de mesures visant à réduire les risques nucléaires maintenant, avant qu’il ne soit trop tard.

Mais les risques nucléaires subsisteront jusqu’au démantèlement de la dernière de ces armes. Nous appelons les Etats dotés à renoncer à l’accumulation d’armes nucléaires et à leur mise en scène – pour revenir sur la voie de la maîtrise des armements et du désarmement.
Même si la réduction des arsenaux nucléaires est à l’arrêt, nous devons réaffirmer notre objectif : un monde exempt d’armes nucléaires Dans le cadre de l’Initiative de Stockholm nous avons ainsi défini des jalons, les 26 Stepping Stones.

2.    Volonté politique pour relever les défis régionaux en matière de non-prolifération

Monsieur le Président,

Les récents développements internationaux ont montré la vulnérabilité des installations nucléaires civiles. Nous devons nous assurer que ces installations soient sûres et sécurisées en toutes circonstances, y compris pendant les conflits armés. Ne pas le faire aurait des conséquences humanitaires et environnementales catastrophiques. Je félicite le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) d’avoir défini les sept piliers indispensables de la sûreté et de la sécurité nucléaires, qui doivent être respectés et mis en œuvre en toutes circonstances. Le respect de ces sept piliers nous permet une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire en grande sécurité.

Pour que le TNP soit efficace, nous devons faire respecter sa norme de non-prolifération : Nous devons en particulier relever les défis régionaux et, par exemple, condamner la poursuite du développement du programme nucléaire de la RPDC, en violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous avons également besoin d’un retour sans délai au Plan d’action global commun par toutes ses parties. Et nous devons soutenir avec conviction le système de garanties de l’AIEA, qui constitue l’épine dorsale du régime de non-prolifération nucléaire.

3.    La promotion de la paix et de la sécurité est l’une des principales priorités

M. le Président,

L’année dernière, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires est entré en vigueur. Ayant participé à la première Réunion des Etats parties à cet instrument en tant qu’observatrice, la Suisse se pose la question si ce nouveau traité peut trouver sa place dans l’architecture normative s’articulant autour du TNP, et si les efforts dans ce domaine peuvent être complémentaires. Est-il possible de viser le désarmement nucléaire sans les pays détenteurs de l’arme nucléaire ?

Monsieur le Président,

La promotion de la paix et de la sécurité est l’une des principales priorités de la Suisse. Nous nous engageons à faciliter le dialogue et à construire des ponts, y compris lors de cette conférence.
Je vous remercie de votre attention.


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