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Evaluation positive de la coopération internationale de la Suisse par l’OCDE

Au nombre des points forts de la coopération internationale de la Suisse, le Comité d’aide au développement relève qu’elle est capable de mettre en œuvre des projets et des partenariats innovants, et qu’elle bénéficie d’une solide tradition humanitaire

Les résultats de l’examen de la coopération internationale de la Suisse réalisé par le Comité d’aide au développement ont été présentés à Berne le 5 avril 2019. Ses conclusions sont dans l’ensemble positives: la Suisse est un partenaire solide et fiable du développement. Le Comité adresse à la Suisse de nouvelles recommandations qui doivent lui permettre de relever les défis à venir. La Suisse y est appelée, entre autres, à concentrer son engagement et à poursuivre l’objectif de consacrer 0,5% de son revenu national brut à l’aide publique au développement.

Tous les cinq ans, les membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE (30 membres, dont la Suisse) se soumettent à un examen par des pairs de l’efficacité, du financement et du fonctionnement de leur coopération internationale. Les résultats de l’examen sont compilés dans un rapport, qui dresse un bilan actuel et offre une série de recommandations aux membres pour améliorer l’efficacité de leur coopération. Il leur permet aussi de se situer dans l’environnement international.

Le rapport sur la coopération internationale de la Suisse, publié le 5 avril 2019, note d’abord que 93% des recommandations qui avaient été faites à la Suisse lors de l’examen précédent, en 2013, ont été depuis entièrement ou partiellement mises en œuvre – un chiffre supérieur à la moyenne des membres du CAD, et donc un excellent résultat.

Au nombre des points forts de la coopération internationale de la Suisse, le Comité d’aide au développement relève qu’elle est capable de mettre en œuvre des projets et des partenariats innovants, et qu’elle bénéficie d’une solide tradition humanitaire. Son expertise lui permet de faire une utile contribution aux défis à l’échelle mondiale, comme par exemple le changement climatique, en particulier au travers du multilatéralisme. Son orientation vers les résultats et les mécanismes dont elle dispose pour garantir la qualité de ses programmes et se prévaloir contre les risques sont également salués.

Le rapport du Comité d’aide au développement donne maintenant à la Suisse de nouvelles recommandations, dans l’idée d’avoir les meilleures pratiques pour faire face aux défis qui se présentent. La Suisse est ainsi appelée à intensifier la concentration géographique et thématique de ses engagements. Le CAD a donc pris note avec satisfaction de la décision du Conseil fédéral du 30 novembre 2018 de concentrer la coopération bilatérale sur quatre régions prioritaires dans le prochain Message sur la coopération internationale (2021-2024). Le CAD recommande aussi à la Suisse de garantir que ses programmes de développement restent centrés sur les objectifs de la réduction de la pauvreté et le développement durable. Après que le taux de son aide publique au développement rapportée à son revenu national brut est tombé à 0,46% en 2017, le CAD considère que la Suisse devrait honorer l’engagement pris par le parlement d’y consacrer 0,5% et de s’efforcer d’accroître encore progressivement ce ratio.

L’examen de la coopération suisse, mené cette fois-ci par le Danemark et le Portugal (pairs membres du CAD), a été réalisé auprès de la DDC, du Secrétariat d’Etat à l’économie SECO et de la Division Sécurité humaine du Département fédéral des affaires étrangères DFAE. Le Comité d’aide au développement s’est aussi entretenu avec le chef du DFAE Ignazio Cassis, des responsables dans plusieurs offices fédéraux, des acteurs non étatiques (ONG et secteur privé), des parlementaires, ainsi qu’avec la Commission consultative pour la coopération internationale. Après une visite d’une semaine en septembre 2018 à Berne, une visite en Ukraine lui a permis d’observer les engagements de la coopération internationale de la Suisse dans un pays d’intervention.

L’examen des pratiques suisses et les propositions tombent à point nommé puisque le nouveau Message du Conseil fédéral sur la coopération internationale 2021-2024 est en cours de préparation.