Intégration

Un parcours remarquable

Le jeune horloger genevois, Rexhep Rexhepi, expose ses montres d’exceptions Akrivia dans les capitales du luxe à travers le monde. Albinfo.ch est allé le rencontrer dans ses nouveaux locaux à Genève.

 

 

À peine arrivé dans les nouveaux locaux spacieux et placides de la maison Akrivia à Genève, son fondateur, Rexhep Rexhepi nous présente d’emblée ses collaborateurs. À voir l’âge de l’équipe, on se croirait plus dans une Start up du web. Mais une fois les présentations faites, on comprend vite que l’équipe est hautement spécialisée, et qu’à eux trois dans l’atelier, on obtient une trentaine d’années d’expériences cumulées. Le fondateur lui-même à dédié plus de la moitié de sa vie à la passion de l’horlogerie. C’est à l’âge de quatorze ans qu’il a commencé son apprentissage dans la très prestigieuse manufacture Patek Pilippe. « Ma première rencontre avec une montre suisse e eu lieu Kosovo, c’était avec la montre de mon père. Je me rappelle, c’était une Tissot. À l’époque, mon père travaillait en Suisse et nous rendait visite seulement pendant les vacances. À chaque fois, je prenais ça montre et j’écoutais son tic-tac. Plusieurs fois j’ai essayé de l’ouvrir, mais sans succès. En fait, j’arrivai juste à faire des rayures sur la montre. »

En 1998, la guerre éclate au Kosovo, son père décide de ramener sa famille en Suisse. Rexhep, alors âgé de 12 ans, s’intègre très vite dans le système scolaire genevois et obtient de très bons résultats. À la grande déception de son père, qui le prédestinait à une carrière d’avocat, Rexhep décide de faire un apprentissage d’horloger. Il est encouragé par son voisin actif dans la profession et un ami qui avait déjà entamé l’apprentissage. Son père ne comprend pas, mais mis devant pas le fait accompli de son fils, il cède car il est admis dans la plus prestigieuse manufacture de montre au monde, une occasion à ne pas manquer.

Deux ans plus tard, Rexhep, assigné au contrôle qualité dans le cadre de sa formation, voit passer entre ses mains pendant dix jours ladite Tourbillon de Patek Phillipe. C’est la révélation, il reste figé et admiratif devant la pièce pendant quarante-cinq minutes et se dit qu’un jour il en aura une comme celle-là.

Une fois sa formation terminée chez Patek Pillippe, R. Rexhepi reste encore deux ans à la manufacture avant de se décider à partir pour vivre d’autres expériences professionnelles. Il arrive chez BNB Concept, un sous-traitant fournisseur de l’entreprise de montres Hublot. Après une année, soit à 21 ans seulement, il est promu chef d’équipe. Il est alors responsable de la livraison des produits répondant à la qualité requise, de la gestion, de la formation de son équipe et répondant des défauts de fabrication.

Après trois ans passés chez BNB Concept, il part chez François Paul Journe, un autre nom de la haute horlogerie, où au terme de deux ans de service, il décide qu’il était finalement temps de se lancer. À 25 ans à peine, il crée sa propre marque Akrivia, qui en grec ancien, signifie précision. L’horloger explique : « J’ai entrepris cette démarche, car je voulais pouvoir créer mes montres sans les contraintes d’un employé. »

Quant à son nom et ses origines, avant de se lancer, Rexhep avoue avoir eu une certaine crainte des préjugés. Mais finalement, ce n’est pas la personne qui compte, c’est la montre, peu importe qui l’a réalisée, avant d’ajouter qu’Antoni Patek et Adrien Philippe, les fondateurs de Patek Philippe, étaient les deux d’origines étrangères, et plus personne n’y prête attention.

Fort de quatre modèles, la marque est déjà exposée dans les capitales du luxe, notamment à Dubaï et à Tokyo. En 2015, le modèle « Tourbillon Chiming Jump Hour » a été sélectionné pour le Grand Prix d’Horlogerie de Genève dans la catégorie Sonnerie. Sur le site de l’événement, ladite montre y est décrite comme l’œuvre d’une véritable prouesse.

En effet, la perfection technique et esthétique sont deux éléments qui tiennent à cœur au jeune entrepreneur. Il explique qu’avec le temps, en raison des coûts, les belles finitions tendent à disparaître. Lui, qui a brûlé les étapes dans sa carrière, ne prend aucun raccourci lorsqu’il s’agit de réaliser une montre. Un exemple très exhaustif du fondateur qui explique le façonnage des cadrans pour les rendre mattes : « Actuellement, avec une sableuse, en deux ou trois minutes le travail est fait. Mais nous, nous continuons à utiliser la méthode traditionnelle qui consiste à appuyer le cadran sur de la pierre pillée et mélangée à de l’huile. C’est seulement après quatre à huit heures de petits mouvements rotatifs qu’on parvient à obtenir le résultat recherché, celui qui distinguera notre montre pour le collectionneur averti ». Une autre caractéristique de la marque est aussi la symétrie de ses modèles, une chose rare sur le marché.

La prochaine étape pour Akrivia est la sortie d’un nouveau modèle simple (heures, minutes, secondes). Une série limitée spéciale à 10 exemplaires dont les fonds de l’une d’elles seront reversés à une œuvre caritative. Quant à l’avenir de l’entreprise, M. Rexhepi affirme vouloir garder une petite structure. Son petit frère Xhevdet a récemment rejoint son équipe après avoir terminé son apprentissage. Le jeune entrepreneur tient à garder une ambiance familiale.

La prochaine étape pour Akrivia est la sortie d’un nouveau modèle simple (heures, minutes, secondes). Une série limitée spéciale à 10 exemplaires dont les fonds de l’une d’elles seront reversés à une œuvre caritative. Quant à l’avenir de l’entreprise, M. Rexhepi affirme vouloir garder une petite structure. Son petit frère Xhevdet a récemment rejoint son équipe après avoir terminé son apprentissage. Le jeune entrepreneur tient à garder une ambiance familiale.