Kosova
KOSOVO : 10 ANS ET DES INTERROGATIONS
L’étude du cas kosovar doit nous réapprendre la patience, mais aussi à penser un Etat nouveau dans une dialectique à inventer entre rigueur des principes et réalité locale
La présence nombreuse de personnes de langue albanaise vivant dans notre pays a créé une communauté de destin entre les Helvètes et, principalement, les Kosovars. L’engagement de ces derniers dans notre vie sociale, économique, culturelle, et peut-être un jour politique, a favorisé une proximité de plus en plus intense.
Les débuts furent certes difficiles : est-ce étonnant ? Seules âmes naïves croient que l’intégration se décrète, que l’être humain est naturellement enclin à accueillir quiconque se présente à sa porte. Les amitiés se nouent sur une base de respect. Or le respect se construit, à travers les efforts fournis par les arrivants et les accueillants. Des études récentes l’ont montré : si des progrès peuvent encore être enregistrés, l’image, en Suisse, des personnes originaires des régions albanophones, dont beaucoup ont adopté la nationalité helvétique, s’est fortement améliorée. Un respect réciproque s’est établi, pour le bien de tous.
Mais il y a une autre raison, pour les Suisses, de s’intéresser au Kosovo. Ce pays, récent sur la carte de l’Europe, constitue un cas d’étude extraordinaire, tant il est rare de pouvoir assister à la naissance d’un nouveau pays. Certes le Kosovo a pu s’adosser à une dizaine d’années d’ « apprentissage » sous le patronage de ses puissances « protectrices » avant de déclarer son indépendance, un événement particulièrement célébré en Suisse… Il n’empêche : il est né presque ex nihilo.
Il est ainsi possible de suivre la construction d’un Etat, comme dans un laboratoire. Exercice redoutable, pour ceux qui se démènent sur le vaste chantier institutionnel qu’implique l’édification d’un appareil administratif cohérent et efficace. Les problèmes sont innombrables et tous ne sont pas dissipés, c’est le moins que l’on puisse dire. Les erreurs doivent être condamnées, parce que serait un mauvais service rendu aux Kosovars d’accepter des pratiques sous prétexte de leur inexpérience institutionnelle.
Mais la critique n’est valable que dans une compréhension symétrique des enjeux particuliers auxquels est soumis un Etat en construction. Nombreuses sont les maladresses que les pays occidentaux, coincés entre une mauvaise conscience issue de la Seconde guerre mondiale, et une conviction outrancière d’être les uniques porteurs de l’idéal des Lumières, ont commises dans les Etats qu’ils avaient aidé, en général contraints, à accéder à l’indépendance. La douloureuse époque de la décolonisation et ses conséquences le rappelle. Moins concernée, la Suisse tombe souvent dans le même piège…
La construction de l’Etat kosovar doit nous renvoyer à l’ignorance que les vieux Etats-nations manifestent envers leur histoire. Les Etats occidentaux ont tendance à s’imaginer que leurs principes démocratiques, dans leur valeur universelle, peuvent se plaquer aisément sur des systèmes qui les connaissent encore mal. Cette hâte a été source de dégâts par le passé, par mépris de la réalité. L’étude du cas kosovar doit nous réapprendre la patience, mais aussi à penser un Etat nouveau dans une dialectique à inventer entre rigueur des principes et réalité locale.
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