Opinion

La justice, l’essence de la démocratie

Ce numéro du magazine Albinfo.ch vous donne un aperçu des changements en cours entre générations en Suisse, et mettant en relief l’émergence d’une génération de professionnels de la justice en Suisse, issue de familles immigrées albanaises.

Depuis les philosophes John Locke et Charles-Louis Montesquieu, aux XVIIe et XVIIIe siècles, la notion de l’État s’est inspirée de la théorie de la séparation des pouvoirs, entre ceux législatif, exécutif et judiciaire. Le meilleur test pour une démocratie est donc l’efficacité de cette séparation des pouvoirs, en particulier celui de l’indépendance de la justice vis-à-vis de la sphère politique, afin de pouvoir offrir aux citoyens un jugement impartial et juste.

Cependant, la justice peut être parfaite sur le papier, mais elle ne vaut pas grande chose si elle ne se reflète pas dans la réalité quotidienne. Les expériences amères des diasporas de langue et culture albanaise avec la justice – corrompue – dans leur pays d’origine, illustre au mieux cette situation. Cela explique également la raison de la perte de la confiance des citoyens dans les institutions judiciaires et les tribunaux de ces pays, car ils sont mis au service de l’injustice.

Sur le plan de l’indépendance de la justice, la Suisse est exemplaire. Elle constitue aussi une opportunité pour la population suisso-albanaise, car la justice est garantie par l’État. Que l’on soit puissant ou faible, chacun-e est égal-e devant la loi. Cela explique également pourquoi les conflits entre des personnes physiques ou des entités morales en Suisse ne sont pas résolus par des actes de justice personnelle ou par des actes de violence, mais par le biais de mécanismes juridiques qui ont pour mission de départager la justice, conformément aux nombreux principes fondamentaux sur lesquels elle a été construite la doctrine du droit.

Ce numéro du magazine Albinfo.ch vous donne un aperçu des changements en cours entre générations en Suisse, et mettant en relief l’émergence d’une génération de professionnels de la justice en Suisse, issue de familles immigrées albanaises. Ainsi, dans le cadre du système judiciaire suisse, une panoplie non négligeable d’avocats, de juristes, de consultants juridiques, voire même de procureur suisso-albanais est en train de voir le jour, sans oublier une importante volée d’étudiants dans les facultés de droit en Suisse.

Tout le potentiel de ces spécialistes est plus que nécessaire pour que cette population d’origine immigrée puisse compter pour des conseils et de protection juridique, en particulier face aux récents changements légaux concernant des questions de la loi sur les étrangers, avec des conséquences qui s’ensuivent sur le séjour en Suisse, mais aussi sur le plan de l’acquisition de la nationalité helvétique, marquée par une nouvelle loi entrée en vigueur il n’y a pas si longtemps.

Ces thèmes, ainsi que ceux qui touchant la question de réunification familiale, appuyée par des données émanant de l’Ambassade suisse au Kosovo et celles du Kosovo en Suisse, sont examinés de plus près dans ce numéro. Ils sont donc axés sur la justice et les Albanais en Suisse, car, comme il est dit le vieux adage: « Etre sans justice, c’est ne pas être. »