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La quatrième édition du “Tri Net Film Fest” entre la modestie de la salle et la force de l’écran
Organizatori i festivalit Studio Aktrimi në Zvicër, prej vitesh po ndërton me përkushtim një platformë të qëndrueshme artistike
La quatrième édition du Tri Net Film Fest s’est clôturée le samedi 6 décembre dans la salle du Neues Kino, après avoir offert trois soirées consécutives dédiées à une sélection de courts métrages venus du Kosovo, d’Albanie, de Macédoine du Nord et de Suisse, incluant également des réalisateurs issus de la diaspora albanaise.
Malgré une participation modeste du public lors des deux premières soirées, la qualité des films a clairement montré que le court métrage régional demeure professionnel et digne d’attention.
L’organisateur du festival, Studio Aktrimi en Suisse, construit depuis des années avec dévouement une plateforme artistique durable.
Le festival s’est déroulé à un moment où la culture albanaise en Suisse entre dans une nouvelle phase de maturité, un espace où l’identité, l’art et le dialogue interculturel s’entrelacent naturellement. La sélection des films, dirigée par le cinéaste Ben Apolloni, a proposé un programme cohérent, marqué par des thématiques sociales, une approche contemporaine et des rythmes invitant à la réflexion. Son rôle de curateur a constitué une contribution professionnelle essentielle, perceptible dans la qualité globale de cette édition.
La modération du festival a été assurée par l’actrice Arjola Demiri, une présence élégante et affirmée, qui a apporté au festival une clarté de communication et une tonalité artistique mesurée.
Deux soirées avec peu de public, une réalité qui ne peut être ignorée
Les deux premières soirées du festival se sont déroulées devant un public réduit, un fait qui témoigne clairement d’un défi culturel persistant au sein de la communauté. Ce manque de participation n’est pas seulement une question de chiffres, mais le reflet de la fragilité de notre lien avec l’art: le cinéma a besoin de public, de présence et de ce rythme de dialogue qui ne naît que lorsque les spectateurs sont là, physiquement.
Cette édition a apporté, sans le chercher, un appel clair à la conscience culturelle: l’art ne peut pas s’épanouir sans la présence du public. La dernière soirée, qui a réuni davantage de spectateurs, a démontré que l’intérêt existe, mais qu’il reste dispersé et peu consolidé.
Les 14 films du programme ont été évalués par un jury professionnel composé d’Isuf Sherifi (poète, traducteur, acteur culturel), Sabri Pajaziti (réalisateur, scénariste, gestionnaire culturel) et Burim Haliti (réalisateur, scénariste, enseignant). Le jury a décerné deux prix principaux:

Meilleur film – “Çarçafët” de la réalisatrice albanaise Evi Gjoni,

Meilleure interprétation – l’actrice allemande Devrim Lingnau.
Parallèlement, le Prix du Public a été attribué au documentaire ” Mbijetesa dhe shkolla “ du réalisateur Ilir Kabashi, une œuvre qui aborde avec délicatesse des récits de résistance et d’éducation.
” Çarçafët “, une histoire de succès international
Le film “Çarçafët”, lauréat du prix principal du jury, est désormais l’une des productions albanaises les plus reconnues sur la scène internationale du court métrage, avec des distinctions obtenues au:
Raindance Film Festival (Royaume Uni) – prix du court métrage;
Paris International Film Awards (France) – Best Director;
Best Shorts Competition (États Unis) – Award of Excellence;
Florence Film Awards (Italie) – Best Narrative Short;
Bucharest ShortCut Cinefest (Roumanie) – Special Mention.
Cette série de récompenses positionne l’œuvre d’Evi Gjoni comme une voix forte, structurée et esthétiquement raffinée dans le cinéma contemporain.
L’équipe organisatrice de Studio Aktrimi – Yllka Zuzaku Mustafa, Xheneta Zuzaku, Avdi Amidi, Ben Apolloni, Sherif Dakaj, Adnan Asllani, Ramadan Morina, Veli Genc Berisha et d’autres – a été saluée pour son professionnalisme et son engagement constant.
L’art n’attend pas
Cette édition du ” Tri Net Film Fest ” a montré que l’art reste fort même lorsque la salle est presque vide, mais elle a tout aussi clairement démontré que l’art ne peut pas attendre indéfiniment. Il demande notre présence, notre attention, notre engagement.
Le défi ne réside pas dans le manque de bons films, mais dans l’absence d’une culture de participation. Si nous voulons que l’art existe, nous devons être présents.
Le festival s’est clôturé avec les performances festives de Xhaner Gashi et Bexhet Sallai.
En conclusion, cette édition du Tri Net Film Fest rappelle une vérité simple mais essentielle pour toute communauté culturelle: l’art ne vit que si nous le maintenons vivant, et il s’éteint précisément lorsque nous choisissons de ne pas être là. Notre responsabilité envers l’art fait partie de notre responsabilité envers nous mêmes, notre identité et les générations à venir.
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