Brèves

La Suisse et le Kosovo signent un traité d’entraide judiciaire

Le traité conclu avec le Kosovo reprend les principes essentiels consacrés par la Convention européenne d'entraide judiciaire en matière pénale et par la loi sur l'entraide pénale internationale (EIMP)

La Suisse et la République du Kosovo sont résolus à renforcer leur coopération dans la lutte contre la criminalité internationale. La ministre kosovare de la Justice Albulena Haxhiu et l’Ambassadeur de Suisse au Kosovo Thomas Kolly ont signé le traité d’entraide judiciaire en matière pénale conclu entre les deux États le 5 avril 2022 à Pristina. Le Conseil fédéral avait approuvé le traité le 4 mars 2022 et autorisé sa signature.

La Suisse et la République du Kosovo collaborent aujourd’hui déjà, sur la base de leurs législations respectives, en vue de l’élucidation et de la poursuite d’infractions. Le nouveau traité bilatéral constitue un cadre juridique global pour la coopération en matière pénale. Le but est d’encourager et de faciliter l’entraide judiciaire en matière pénale entre les autorités judiciaires des deux États.

Le traité conclu avec le Kosovo reprend les principes essentiels consacrés par la Convention européenne d’entraide judiciaire en matière pénale et par la loi sur l’entraide pénale internationale (EIMP). Il a pour objectif de simplifier et d’accélérer la procédure d’entraide entre les deux États. Il pose notamment des exigences formelles réduites, en renonçant par exemple aux légalisations. Dans le même temps, il fixe en détail les exigences applicables aux demandes d’entraide judiciaire, en particulier concernant la protection des données. Par ailleurs, il désigne dans chacun des deux États une autorité centrale qui sera l’interlocutrice directe pour le traitement des demandes d’entraide judiciaire. Le traité fait référence aux droits de l’homme et le Kosovo applique les normes de la Convention européenne des droits de l’homme, toute violation présumée constituant un motif de refus de l’entraide judiciaire.

Pour la première fois, un traité d’entraide prévoit la possibilité d’instituer des équipes communes d’enquête. Cette disposition a été introduite dans la loi sur l’entraide pénale internationale le 1er juillet 2021.

Le traité entrera en vigueur sitôt que chaque partie aura accompli les formalités prévues dans sa législation nationale. En Suisse, le Parlement doit être consulté. Comme c’est usuel pour ce type d’accord, le traité sera ensuite sujet au référendum. Sa mise en œuvre ne nécessite pas d’adaptation de la législation.


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