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Migration et intégration : les pays de l’OCDE échangent leurs expériences sous la présidence de Karin Keller-Sutter

Madame Keller-Sutter a plaidé pour une gestion des migrations à même de recruter efficacement les talents dont les économies ont besoin, sans négliger la protection légitime de la main d’œuvre indigène.

La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter a présidé une réunion ministérielle de l’OCDE sur la migration et l’intégration, jeudi 16 et vendredi 17 janvier 2020 à Paris. Les participants ont échangé leurs expériences et identifié de bonnes pratiques pour relever les défis liés à la migration et à l’intégration des étrangers. Madame Keller-Sutter a plaidé pour une gestion des migrations à même de recruter efficacement les talents dont les économies ont besoin, sans négliger la protection légitime de la main d’œuvre indigène.

Les représentants des 36 pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et de plusieurs pays invités se sont prononcés en faveur d’une approche globale et équilibrée des migrations. Il s’agit à la fois d’une gestion efficace des frontières, de la lutte contre la traite des êtres humains et de la gestion des voies légales d’immigration conformes aux besoins du pays d’accueil. Les politiques migratoires doivent aussi prévoir le renvoi des personnes qui n’ont pas droit à la protection humanitaire. Aux yeux des participants à la conférence, l’intégration réussie sur le marché du travail et dans la société d’accueil, y compris sur le plan linguistique, est une condition pour obtenir des retombées positives de la migration.

Des défis communs
La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, qui présidait les travaux, a rappelé que la plupart des pays de l’OCDE font face à une pénurie de main d’œuvre qualifiée, liée notamment à l’évolution démographique. Le besoin de main d’œuvre étrangère soulève pourtant des défis politiques, qui vont encore s’intensifier dans le futur.

La cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP) a estimé qu’il « serait faux, et politiquement irresponsable, de négliger les tensions qui peuvent être causées par (les) mouvements de population dans les pays d’accueil ». Une intégration réussie des arrivants est donc primordiale à ses yeux, car « laisser des communautés vivre en parallèle n’est pas une vision durable de la politique migratoire ». La Suisse a notamment présenté à Paris l’ »Agenda intégration », qui fixe des objectifs ambitieux pour l’intégration des réfugiés et admis provisoires dans la société suisse et dans le marché du travail. La conseillère fédérale Keller-Sutter était accompagnée du président de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police (CCDJP), Urs Hofmann.

Rencontres bilatérales
La cheffe du DFJP a mis sa visite à profit pour des rencontres bilatérales. Elle a notamment eu un entretien avec le secrétaire général de l’OCDE Angel Gurria. Elle a salué l’apport précieux de l’OCDE, qui fournit à ses pays membres des données et des analyses scientifiques utiles pour élaborer leurs politiques migratoires.

La visite à Paris a été pour Karin Keller-Sutter l’occasion d’un premier contact avec la commissaire européenne Ylva Johansson, responsable des affaires intérieures dans la nouvelle Commission européenne. Les entretiens bilatéraux avec Mme Johansson et avec les ministres de l’intérieur français, Christophe Castaner, et suédois, Morgan Johansson, ont porté sur les projets de réformes des systèmes Schengen et Dublin, sur la libre-circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne et sur la lutte contre le terrorisme.

Christophe Castaner et Karin Keller-Sutter ont aussi échangé sur des questions ouvertes dans la coopération policière transfrontalière franco-suisse. Ils se sont entendus pour faire progresser ces prochains mois les discussions en cours.