Développement

Suhareka (Kosovo), ville des émigrés

Les émigrés originaires de Suhareka ont commencé à manifester un grand intérêt envers les ressources touristiques locales. La zone montagneuse des alpages de Bukoshi et Dolloci incite les émigrés à investir dans les maisons-refuges alpines.

Lors du recensement de la population qui a eu lieu au Kosovo en 2011, il s’est avéré que Suhareka est la commune avec le plus grand nombre d’émigrés. Sur un total de 89 000 personnes recensées dans la municipalité, 28 064 (ou 31,53 %) vivent à l’étranger, dans différents pays en Europe et dans le monde.

Autrefois connu pour son économie prospère notamment grâce à son usine « Ballkan » et l’entreprise viticole « Progres », Suhareka est sortie de la guerre complètement détruite, et son économie n’a pas réussi à se relever. Au contraire, le processus de privatisation n’a fait qu’approfondir la crise et le chômage.

Cela, selon les experts, est la principale raison pour laquelle les habitants de Suhareka ont pris la décision de prendre la route dans les années d’après-guerre, principalement vers l’Italie, la France et la Slovénie.

Les alpages de Bukoshi et Delloci, attraction touristique

Cependant, les émigrés originaires de Suhareka n’ont pas renoncé à leur patrie. Bien qu’ils habitent à l’étranger, ils construisent de nouvelles maisons, avec l’espoir de rentrer un jour chez eux.

Bekim Zypa, qui vit et travaille depuis des années en Suisse, a déclaré à albinfo.ch qu’il a construit une nouvelle maison à Bukosh et qu’à cause de cela, il s’y rend au moins deux fois par an. Selon lui, Suhareka est l’endroit idéal pour les vacances d’été, la commune dispose des ressources naturelles et de très beaux endroits. Tout comme M. Zypa, de nombreux émigrés ont montré de l’intérêt pour les ressources touristiques locales.

Selon le Département de la géodésie et du cadastre, ces dernières années la tendance à l’investissement touristique dans les maisons-refuges alpines à Suhareka, principalement par les expatriés, est à la hausse.

La région de Suhareka est aussi connue pour ses lieux touristiques et son hôtellerie, par exemple pour la piscine « Solid » à Buqallë et les restaurants à Pishtat e Biraçës.

En outre, l’asphaltage de la rue reliant Budakovë à Jezerc en passant à travers les montagnes a rendu la zone de Suhareka plus attractive pour le tourisme. Des endroits comme « Gurra e Kadisë » et « Livadhet e Papazit » ou l’on peut cueillir des myrtilles contribuent à rendre Suhareka plus connue.

Le Département communal pour la diaspora

Compte tenu du fait que près de la moitié de la population vit en exil, après les élections locales de 2010, lorsque Blerim Kuqi de l’Alliance pour l’Avenir du Kosovo (AAK) s’est fait élire à la tête de l’exécutif de la commune de Suhareka, pour la première fois au Kosovo, un maire pensait aux compatriotes expatriés et à leurs besoins.

Comme il l’avait promis lors de la période électorale, Blerim Kuqi a immédiatement créé le Département communal pour la diaspora et a nommé un directeur afin qu’il traite exclusivement des affaires des émigrés.

Ce Département a été vu par beaucoup de Kosovars comme un coup de pub électorale et politique, cependant, pendant trois ans, elle a développé son budget et réalisé de nombreux projets et cela jusqu’en 2014, jour de l’élection comme maire de Sali Asllanaj, de la Ligue Démocratique du Kosovo (LDK), qui a fermé le dit Département communal pour la diaspora.

Le Département communal pour la diaspora à Suhareka a-t-elle été efficace ?

Comme l’avait rapporté albinfo.ch en 2011, la Départment pour la diaspora avait mis en œuvre plusieurs projets, principalement dans le secteur des investissements, mais aussi dans le domaine de la culture.

Ce Département, à travers son œuvre, avait rendu possible le processus d’enregistrement des entreprises de la diaspora ; puis elle avait mis en place un projet à travers lequel des terres ont été offertes aux compatriotes qui voulaient ouvrir des entreprises dans la zone industrielle de Suhareka.

Une école d’été pour les enfants de compatriotes

Hajrush Buqaj, du village Budakovë, qui travaille temporairement en Allemagne, a informé albinfo.ch que les émigrés de Suhareka sont déçus par le gouvernement actuel, qui selon lui, en fermant le Département pour diaspora, a ignoré leurs préoccupations.

En réponse au mécontentement de ces derniers, le porte-parole de la commune de Suhareka, Reshat Reshitaj, a expliqué à albinfo.ch qu’il « ne connaît pas les raisons » pour lesquelles le gouvernement actuel a fermé cette Direction. Reshitaj, qui avait le même poste sous le gouvernement de Blerim Kuqi, a déclaré que ce département avait des performances positives dans la conception et la mise en œuvre de nombreux projets au service des émigrés.

Ne voulant pas blâmer le gouvernement actuel, il a dit que les pouvoirs de l’ancien département, l’administration municipale les a passés au Ministère de la Culture.

Reshitaj a également déclaré que, malgré le fait que ce département n’est plus en fonction, la commune de Suhareka a quand même organisé une série d’activités pour les compatriotes expatriés, tout comme elle le faisait auparavant. Il a même parlé d’un projet en réflexion, qui serait d’ouvrir une école d’été exclusivement pour les enfants des émigrés.