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Carnet de route au Kosovo (2): « Et maintenant, on fait quoi? »

  • Një moment për Jonas dhe katër studentët nga Kantoni i Vaud-it. Foto e realizuar nga Marie Deschenaux

  • Një pamje e Fushë Kosovës, një lagje e pakicave në Prishtinë. Foto e realizuar nga Marie Deschenaux

  • Dans les rues de Fushe Kosovë. Photo réalisée par Marie Deschenauxe Deschenaux

  • Këpuca e një babai i cili vjen për të marrë fëmijën në dalje të aktivitetit.Foto e realizuar nga Marie Deschenaux

  • Foto e realizuar nga Marie Deschenaux

  • Foto e realizuar nga Marie Deschenaux

  • Një qendër e komuniteteve, ku fëmijët e pafavorizuara takohen në Fushë Kosovë. Foto e realizuar nga Marie Deschenaux

  • Një prej kishave të bukura të Prishtinës. Foto e realizuar nga Marie Deschenaux

«Et maintenant, on fait quoi?», chuchote Marta, l’une des étudiantes du gymnase de Burier qui nous accompagnent. A vrai dire, c’est aussi la question que je me pose. Une heure avant, nous grignotions encore des chips dans l’avion et nous voilà maintenant en face d’une vingtaine d’enfants roms qui nous scrutent de leurs yeux immenses, sagement installés derrière une grande table circulaire. Ce centre d’appui scolaire, installé au cœur d’un village rom de Gracanica, est un véritable lieu de vie pour toute la communauté. Les enfants y sont accompagnés après les heures d’école par un tuteur, toujours disponible pour les aider sur toutes sortes de sujets. Cette action, mise sur pied en collaboration avec Terre des hommes, a pour but d’aider les enfants roms à réussir dans le système scolaire public malgré, notamment, la barrière imposante de la langue. Pourtant, les étudiantes qui nous accompagnent remarqueront toutes à quel point ces jeunes écoliers d’une dizaine d’années sont appliqués, respectueux de leur maître et motivés. « Le contexte semble si pauvre et ils sont si souriants. Et dire qu’on ose traîner les pieds pour aller à l’école en Suisse… », observe Viviane du haut de ses 17 ans.

Les filles dessinent des cœurs, les garçons des voitures

Pour faire connaissance, rien de mieux qu’un stylo et quelques feuilles de papier. On se met à dessiner avec les enfants et on discute, un peu avec les mains et les yeux, beaucoup en dessinant. Les filles rient de mes cœurs difformes pendant que les garçons nous montrent fièrement les voitures qu’ils ont dessinées. Soudain, une jeune fille de 9 ans nous bluffe tous en se mettant à parler dans un allemand parfait qu’il ferait pâlir n’importe quel gymnasien ou lycéen romand. La toute jeune fille explique qu’elle était en Allemagne avant que sa famille ne doive revenir ici. Son professeur de l’école public ne comprend donc désormais ni ses mots en rom et encore moins l’allemand, mais le serbe. Elle aura bien du mérite lors de la réussite de son année scolaire… Enfin, le tuteur nous confesse, avant que nous partions, à quel point il doit être patient pour convaincre certaines familles de l’importance de la scolarité des enfants. Pas facile de redonner espoir à des parents qui ne voyaient le salut que dans le départ à l’étranger (en Suisse souvent). En clair, il se bat pour offrir de nouvelles perspectives à tous ces enfants en humanisant et aplanissant un système scolaire sans pitié pour les minorités. Désormais, les rêves des gamins de devenir médecin, scientifique ou professeur ont des chances de se réaliser.

Après une heure de visite, nous refermons ce moment émouvant en enjambant une nouvelle fois les petites paires de chaussures si usées. Il faudra pourtant qu’elles tiennent encore un bon bout de chemin jusqu’à l’école secondaire.

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