Kosova

Kurteshi: Discipline et responsabilité sont les valeurs que je ramène de la Suisse

"La discipline, la responsabilité, l'efficacité et l'efficience au travail sont des qualités qui caractérisent le travail en Suisse en général. C'est exactement ces valeurs et cette expérience que j’apporte depuis Suisse. Plus que jamais, ces qualités sont désormais indispensables au Kosovo ".

A quelques jours des élections locales organisées au Kosovo ce 22 octobre, albinfo.ch a interviewé quelques candidats  dotés d’un « background » de la diaspora. Pour cette série d’interviews, l’accent est surtout mis sur les particularités permettant de distinguer ces candidats des autres, des candidats autrefois membres de la diaspora albanophone et qui mettent en avant leur expérience acquise à l’extérieur du pays.

Sami Kurteshi s’est présenté en tant que  candidat du Mouvement autodétermination (Vetëvendosje) et espère ainsi pouvoir décrocher le mandat à la mairie de la ville de Gjilan. Autrefois persécuté politiquement, il a vécu  plusieurs années en Suisse, où il a obtenu son diplôme universitaire et s’est engagé dans de nombreuses activités politiques. Après son retour au pays, il a notamment occupé le poste d’ombudsman au Kosovo, et ce,  pendant plusieurs années. À la fin de son mandat, il a rejoint le Mouvement d’autodétermination «Vetëvendosje» alors qu’aux dernières élections il a avait élu député au Parlement du Kosovo.

Albinfo.ch: Vous avez vécu longtemps en Suisse. Pourquoi avez-vous décidé de retourner au Kosovo et vous confronter à la politique du pays?

Sami Kurteshi: Durant ces 35 dernières années, j’ai vécu près de 15 années en Suisse. Mais par intervalles. Mon séjour a eu lieu en trois phases. J’ai même pu terminer mes études universitaires à Berne et à Zurich.   Comme j’ai dû quitter le Kosovo en raison de la persécution par le régime serbe et yougoslave, j’ai trouvé un refuge temporaire en Suisse, mais dans d’autres pays occidentaux également. Mon objectif a été et reste toujours le même : le progrès du Kosovo. Le Kosovo a besoin de notre aide, et de mon aide en l’occurrence

Albinfo.ch: Lorsque vous viviez  en Suisse,  avant de vous lancer dans la compétition politique au Kosovo, il faut rappeler que vous  possédiez déjà une certaine expérience en matière de problèmes sociaux et politiques   (notamment en relation avec la question albanaise).  En quoi la politique kosovare peut profiter des politiciens dotés d’une expérience dite étrangère, comme c’est votre cas?

S.K.: J’ai une expérience politique de près de 40 ans, une pratique légale et illégale au Kosovo, en Suisse et ailleurs. L’expérience professionnelle en Suisse, comme l’engagement pour le Kosovo et le travail dans les institutions suisses, m’a été extrêmement utile. La discipline, la responsabilité, l’efficacité et l’efficience au travail sont des qualités qui caractérisent le travail en Suisse en général. C’est exactement ces valeurs et cette expérience que je ramène de Suisse. Plus que jamais, ces qualités sont désormais indispensables au Kosovo.

Albinfo.ch: Puisque vous participez aux élections locales, que pouvez-vous offrir plus spécifiquement, en tant que cadre de la diaspora ? Qu’est-ce  qui vous distingue des autres candidats?

S.K.: Il y a beaucoup de choses. Pour moi, le premier objectif est la participation des citoyens et des citoyennes à la prise de décision publique; la possibilité pour les citoyens et citoyenne de pouvoir mener une vie digne dans leur propre pays ; la création d’un environnement social, politique et économique qui incite les citoyens à ne pas quitter leur pays; la protection de l’environnement contre la pollution du sol, de l’eau et de l’air; la construction de trottoirs et infrastructures adaptés aux personnes handicapées qui ont des besoins spécifiques, la gestion de la circulation urbaine, etc.