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Repenser l’Etat : frontières et nouveaux « chez-soi »

A l’occasion de sa journée annuelle du 9 novembre 2017, la CFM se consacrera à toutes ces questions et risquera un regard visionnaire sur les nouveaux "chez-soi" au-delà des frontières.

Les frontières structurent l’espace et permettent de définir l’appartenance des individus à un territoire d’Etat concret. Les lignes de séparation imaginaires qui se forment dans nos esprits répartissent les êtres humains en catégories sociales et en différents univers. Cependant, notre vie quotidienne – l’organisation de nos loisirs, les imbrications économiques et les processus de travail, nos relations et notre mentalité – prend de plus en plus un caractère transfrontalier. Quel est l’impact de ces frontières physiques et imaginaires, respectivement de leur dissolution, sur la vie des personnes et sur l’Etat ?

A l’occasion de sa journée annuelle du 9 novembre 2017, la CFM se consacrera à toutes ces questions et risquera un regard visionnaire sur les nouveaux « chez-soi » au-delà des frontières.

La première partie de cette journée portera sur la distinction entre frontières réelles et imaginaires. Dans quelle mesure jouent-elles un rôle pour la société, pour l’individu, sa liberté de mouvement, son identité ? Janine Dahinden, experte de la recherche sur le transnationalisme, Kristina Schulz, professeure en histoire des migrations, Samir, cinéaste, et Nasser Tafferant, sociologue et lui-même frontalier, éclaireront différents aspects du sujet et montreront que la porosité des frontières physiques dépend du fait qu’une personne est privilégiée ou non ; que les délimitations qui se créent dans nos cerveaux déterminent largement notre quotidien et que, malgré ces barrières, de nombreuses personnes ont tous les jours des activités transfrontalières.

La deuxième partie concernera le débat sur les « frontières ouvertes », souvent sujet à controverse. Faut-il accorder aux personnes un droit à la liberté de mouvement mondial ? Ou bien les frontières ouvertes mènent-elles à davantage d’inégalité ? Deux philosophes, Andreas Cassee et Hans Bernhard Schmid, feront valoir le pour et le contre.

Et enfin : comment nous situons-nous dans un monde où la mobilité est devenue une caractéristique centrale ? Avons-nous besoin de « racines » et si oui, de quelles racines ? Nous faut-il donner une nouvelle définition au « chez-soi » ? Joelle Kuntz, journaliste, et Ilma Rakusa, écrivaine, versent leurs réflexions au débat.