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Les toilettes sèches de Stay Clean : une solution durable et écologique

5/8 Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo fait face à un défi majeur : soumise à une forte pression démographique, elle manque cruellement de toilettes publiques, conduisant à de graves problèmes sanitaires et sécuritaires. Une réalité actuelle à laquelle l’association lausannoise Stay Clean propose des solutions concrètes. Depuis 2017, les membres de l’association prennent le pouls de la situation et tissent des partenariats avec des acteurs du terrain. Fin prêt, leur projet de toilettes sèches dans l’un des marchés les plus fréquentés de la ville est une réponse non seulement de manière écologique, mais promet également de revaloriser la matière organique sous forme de biogaz ou d’engrais. Limangi Barocheli, chargé de projet, nous répond.

1. Vous avez lancé votre projet. D’où vous vient cette énergie pour créer ? Qu’est-ce qui vous anime dans ce projet ?
Je suis Suisse, originaire de la République démocratique du Congo, et représente d’une certaine manière la nouvelle génération qui symbolise la diversité. Autodidacte, j’ai dès mon plus jeune âge été saisi par l’envie de créer et de participer au développement inclusif du continent afin de répondre aux problématiques récurrentes en Afrique et principalement à Kinshasa au Congo. A cet élan, j’ai pu y apporter des compétences acquises dans les domaines du graphisme, de la communication, mais également et surtout celles qui ont trait à la gestion de projet avec une approche systémique ainsi qu’à la planification des systèmes d’assainissement dans les pays en voie de développement. Autant de spécialisations et connaissances qui me sont très utiles et qui peuvent l’être également au développement socio-économique de la République démocratique du Congo. Et j’ai envie de terminer en citant Confucius : Quand un homme à faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson.

2. Où vous voyez-vous avec votre projet dans 3 ans ?
Dans les prochaines années, nous nous voyons développer un vaste réseau de toilettes autonome à l’énergie solaire, abordable couvrant les 24 communes de la ville de Kinshasa. L’autonomisation des femmes et l’adhésion de la communauté au projet est l’un des facteurs clés de réussite dans le futur.
Dans le cadre du programme, nos actions auront sensibilisé des milliers de vendeuses et vendeurs des 3 grands marchés. Elles auront également renforcé la dignité des femmes des marchés, tout en leur apportant une formation sur le respect des gestes barrières, la gestion et l’entretien de nos blocs sanitaires. La durabilité sera garantie et la qualité du service et le bon fonctionnement de nos installations sauront stimuler la demande, par une plateforme mobile innovante qui permettra aux utilisateurs de géolocaliser les sanitaires de la ville.

3. Quel apprentissage-clé vous a permis d’avancer de manière significative dans votre projet depuis le début du Prix ?
Dans le cadre du Prix, les formations dispensées par la Fedevaco nous été utiles. Et principalement celles qui avait trait à la planification et le suivi de projets, qui établit une relation causale entre activités, produits, effets et impact. Cela nous a permis de nous auto évaluer et de progresser dans la gestion de cycle du projet. En bref, ce fût une expérience très enrichissante qui m’a permis d’améliorer ma compréhension dans la planification d’un programme et aussi à réfléchir de manière critique. Tout cela m’a permis d’évoluer et de renforcer mon rôle en tant qu’entrepreneur social.


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